LE CHARTREUX, UN CHAT MERVEILLEUX

Voici l’occasion pour moi de vous parler de ma grande passion: mon chat, un chartreux merveilleux… Le pauvre animal subit mon affection débordante avec le plus grand dédain.

Ma longue passion pour les animaux…

J’ai passé les trois quarts de ma vie d’enfant à harceler mes parents pour avoir un animal de compagnie. Je voulais absolument un chien. A cet égard mes parents m’ont raconté qu’un jour, alors que je devais avoir 2 ou 3 ans, nous sommes allés rendre visite à une de leur connaissance relativement âgée qui avait un de ces petits chiens insupportables qui aboient sans cesse. J’ai immédiatement imité le chien qui a passé l’après-midi sous un meuble, alors que j’essayais de le rejoindre… Si le choix de la race a beaucoup varié suivant les périodes, j’étais décidée. Je ne pensais évidemment pas au fait qu’il faudrait promener la bestiole, ramasser ses crottes, le laver, le sortir et lui trouver une place pour les vacances. Je m’étais jurée que dès que je serai indépendante, je me trouverai un chien. Jeune adulte j’étais encore très décidée. J’ai même failli ramener un vieux bouledogue incontinent en Suisse depuis Paris. Le seul obstacle qui m’ait arrêté c’était de faire passer la douane à ce chien qui était malade. Ma mère qui m’accompagnait voyait d’autres problèmes curieusement.

Un chat d’appartement

A un moment quand même, la maturité a fini par pointer le bout de son nez (mais seulement le bout). Le chien c’était compliqué et j’avais de la peine à imaginer que mon travail m’autorise à prendre un animal sur place. J’ai évidemment comme projet de vie de gagner à l’euromillions mais pour l’instant j’essaie de faire comme si je ne gagnerai jamais (contrairement à beaucoup de monde, quand je gagnerai – car je compte gagner quand même – je cesserai totalement de travailler, voilà). Donc étant donné que je n’ai pas l’intelligence nécessaire à devenir riche par moi-même, que je ne suis pas assez belle pour épouser quelqu’un de vraiment riche, j’en déduis que je serai salariée jusqu’à la fin de mes jours et que – en tout cas pour l’instant – le projet du chien n’est pas viable. C’est ainsi que j’ai dû reconsidérer la question du chat.

Je suis comme une fille (parce que j’en suis une sans doute), j’hésite mais quand j’ai pris ma décision c’est bon. A un certain moment, j’étais convaincue que je serai bien avec un chat.

J’ai passé un certain temps à réfléchir à cette importante décision (pas par rapport à l’idée du chat, mais sur le comment). Moi qui n’avais jamais eu le moindre animal, je voulais être certaine de mon choix. Il s’agissait de bien réfléchir à ce qu’impliquait un animal de compagnie au niveau de l’investissement. J’ai lu un livre, Le Guide pratique du comportement du chat, écrit par deux comportementalistes: Edith Beaumont-Graff et Nicolas Massal (édit. Eyrolles). Ainsi, j’ai pu bien me préparer. Je me sentais également plus sereine à l’idée de recevoir un animal. Ce livre explique comment préparer l’accueil du chat, à quoi être attentif, comment lui apprendre qu’il fait une bêtise, comment gérer s’il se blesse, comment le manipuler, etc.

Par ailleurs, j’ai beaucoup réfléchi au type de chat que je voulais accueillir. Etant totalement novice, je ne me sentais pas de taille à recevoir un animal ayant des difficultés comportementales (genre traumatisé qu’il faut sociabiliser pendant cinq ans et qui pisse partout) et je stressais car j’avais lu que de nombreux chats ne supportaient pas l’idée de ne pas sortir et faisaient des dépressions. Je ne voulais pas recevoir un animal qui serait malheureux chez moi. Je me suis alors beaucoup documentée et j’ai appris que certaines races de chats étaient très adaptées à la vie en appartement. Plusieurs races étaient intéressantes. Physiquement, deux races me plaisaient particulièrement, les chartreux et les british shorthair (race de la pub wiskas). Quant aux chartreux, j’avais même trouvé un élevage qui précisait que les chatons seraient donnés de préférence à des personnes qui vivaient en appartement, sans possibilité de sortir pour le chat.

Une rencontre

Un jour, j’ai trouvé une annonce sur internet. Il ne s’agissait pas d’un élevage mais d’une dame qui avait un chartreux et qui avait eu une portée pour faire plaisir à ses enfants (et je crois qu’elle le regrettais un peu parce que la grande activité de la famille chat consistait à manger n’importe quoi pour le vomir n’importe où ensuite). J’ai appelé. Sur une portée de cinq chatons, il en restait un de disponible. Le lendemain, j’empruntais la voiture d’un de mes amis et partais à la rencontre de mon futur compagnon (la voiture devant moi sur l’autoroute a perdu son snowboard au milieu de la voie – ce n’était pas mon heure). Et là, j’ai rencontré celui qui allait devenir mon chat. Pas très intéressé à faire ma connaissance, c’était le plus cinglé de la portée (celui qui montait en premier sur les rideaux).

deux mois et demi

deux mois et demi

Premier jour à la maison

Premier jour à la maison

Il m’a tapé dans l’oeil. Les « éleveurs » ne se rappelaient plus de son nom, ils ont réfléchi un instant et ont crié en coeur: « Wolfgang »! Et là je me suis dit que c’était la providence. Il faut préciser que j’aime les noms insolites et la musique classique. J’étais dans un grand délire pour le prénom du chat (j’avais retenu Dioclétien pour un chien, mais pour le chat, je n’avais pas de choix arrêté).

Deux semaines après, j’avais tout préparé pour bien recevoir Wolfgang. Pour accueillir un chaton, il convient de lui montrer directement la caisse et de l’enfermer d’abord dans une pièce pour qu’il s’habitue à son nouveau lieu de vie. Je m’attendais à trouver un animal terrorisé. Wolfgang est sorti de sa boîte de transport, il est parti à la découverte, pas du tout inquiet. Tout l’après-midi je l’ai ramené dans sa caisse pour qu’il ne fasse pas ses besoins ailleurs et il refusait d’y rester. Heureusement, il avait très bien compris. Pour finir, depuis le temps que je l’ai, il a toujours été très propre, n’a jamais fait ses besoins en dehors de sa caisse (alors même que nous avons vécu deux déménagements dont un très violent (qui a impliqué un changement de litière en prime))  et ne vomit en moyenne qu’une fois par an.

Ce que j’aime chez mon chat

Novice, je voulais un chat facile à vivre, qui supporte bien l’appartement. Un chartreux est un choix idéal. Wolfgang est très gentil. Il ne griffe jamais, ne mord pas, il est très curieux et sociable. Il vient volontiers voir mes amis et aime être avec nous. Il nous suit partout. Il aime tout le monde. Je ne sais pas si c’est une spécificité du chartreux mais il aime aussi bien tout manger (donc il faut se gaffer, fromage, salade, viande… tout l’intéresse, sauf l’alcool).

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C’est également un chat expressif dans son regard. Il ne fait pas de bruit, sauf si quelque chose ne va pas. Puis, il nous montre des yeux ce qui cloche: sa gamelle est vide, sa caisse est sale. Quand on a enfin compris, il nous regarde comme si on était des imbéciles. Il a un arbre à chat et un tapis en fibre qu’il griffe frénétiquement en me regardant, l’air de dire: « Je te déteste, ça c’est pour toi, tiens! Tiens! Je te hais, je te hais!! » Mais bon comme il cherche aussi les câlins, j’accepte sa bipolarité sans me poser de question.

Wolfgang ne souffre pas de ne pas pouvoir sortir. Quand la porte de l’appartement est ouverte, il s’en fiche. J’ai vraiment l’impression que mon chat est heureux. L’appartement est grand, il a le droit de monter sur tous les meubles (sauf une belle commode et le plan de travail de la cuisine). Il a ses coins et ses jouets (dont les objets qu’il s’approprie).

Je ne regrette vraiment pas mon choix. Ce chat m’apporte beaucoup de joie, c’est une source de sérénité. Face au stress du quotidien, il m’aide à relativiser. Bref… que du bonheur.

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« Bon elle vient cette bière? » Ce chat ne sait pas s’asseoir.

« Je suis caché »