L’HORREUR DE LA CONTREFAÇON

Cet article traite du sujet épineux de la contrefaçon

J’ai, comme tout un chacun, mon avis sur la question. Mais je veux vous apporter également quelques informations utiles (dernier passage que je vous invite vraiment à lire) qui permettent de réellement apprécier la portée de notre geste, consommateur final qui achète rapidement un petit porte-monnaie. Cela n’est pas si innocent que cela.

On le sait…

… acheter du faux c’est maaaaaal.

Les boîtes de luxe gagnent un argent complètement dément. Du coup quand on achète un porte-monnaie copié, on ne se sent pas spécialement coupable. Après tout, qui voudrait mettre autant d’argent dans un porte-monnaie? Autant acheter, pendant les vacances, une petite copie innocente qu’on ne regrettera pas quand on sera lassé.

On ne se rend pas compte mais ce raisonnement n’est pas spécialement juste. Il y a un réel travail de conception derrière les modèles de produits de maroquinerie ou de joaillerie qui font un tabac.

En ce sens acheter de la contrefaçon ce n’est pas top. Mais nos consciences peuvent encore s’en accommoder.

Acheter du faux n’est pas toujours aussi discret qu’on le souhaiterait

En effet, bien que la qualité générale tende à augmenter, il y a en principe de grandes différences entre le modèle original et sa copie bien meilleur marché. Ainsi, les logos sont différents, le dessin un peu modifié et surtout la qualité est revue à la baisse. Ca se voit. Ne pensez pas que vous avez acheté un faux Vuitton et que personne ne le remarque. Tout le monde ou presque est au courant.

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A mon sens, l’achat d’un produit de luxe doit être motivé uniquement par le produit en lui-même, pas pour ce qu’il représente. Ainsi, il ne s’agit pas de s’acheter un Vuitton parce que c’est un Vuitton, mais parce que ce sac à main vous plaît. L’industrie du faux repose exactement sur l’appréciation inverse savoir que ce qui est mis en avant n’est pas tant le design ou la qualité d’un objet, mais plutôt ce qu’il représente, généralement la réussite sociale. En ce sens, la contrefaçon ne constitue qu’une vaste arnaque dès lors que nous l’achetons pour de mauvaises raisons – la valeur que l’on attribue à l’objet copié – et qu’en prime, tout le monde constate que l’on ne s’est précisément pas acheté l’original. Aussi je fais partie de ceux qui estiment que l’on a meilleur temps d’acheter pour un prix donné, un objet lambda, qui peut être de très belle qualité, plutôt qu’une vague copie.

Ceci n’est que mon avis. Cependant, à mon sens, on ne peut plus acheter de la contrefaçon une fois que l’on a été informé que:

La contrefaçon constitue l’un des pires business et on ne peut pas accepter d’y participer

Dans son livre Luxe & CO – Comment les marques ont tué le luxe (J’ai lu), Dana Thomas, journaliste américaine, nous livre le résultat de plusieurs années d’enquête sur l’industrie du luxe. Parmi ses constats, elle remarque – on aurait pu s’en douter si on réfléchissait – que qui dit contrefaçon dit illégalité. La vente n’est pas seule illégale. La production l’est également. La fabrication des contrefaçon échappe donc à tout contrôle.

« J’ai vu six ou sept jeunes ouvriers, tous âgés de moins de dix ans, assis par terre, en train d’assembler des sacs à main en cuir contrefaits. Le propriétaire leur avait cassé les jambes et attaché le tibia à la cuisse pour que la fracture ne se résorbe pas. Tout ça parce que les gamins lui avaient dit qu’ils voulaient sortir jouer » explique un des intervenants.

Cela vous choque?

Les chiffres mondiaux de la contrefaçon sont phénoménaux. Elle aurait augmenté de 1 700% depuis 1993 (…) elle représente au moins 7 % du commerce international actuel

la contrefaçon, encore négligeable il y a vingt ans, est devenue aujourd’hui un véritable trafic international contrôlé par de violents syndicats du crime impliqués par ailleurs dans le trafic de narcotiques, d’armes, d’êtres humains, mais aussi dans la prostitution infantile et le terrorisme. (…) Les enquêteurs pensent même qu’il pourrait y avoir un lien entre la contrefaçon et les attentats du 11 septembre 2001 (suivent quelques informations chiffrées). Par ailleurs, au début de l’année 2000, au cours d’une descente dans une bagagerie de Manhattan dont le gérant, originaire du Moyen-Orient, vendait des montres et des sacs à main de luxe contrefaits, Andrew Oberfeld, expert en sécurité, et Heather McDonald, avocate en droit de la propriété intellectuelle, trouvèrent un manuel et un simulateur de vol, ainsi que des exemplaires de schémas techniques de ponts. (…) « Les bénéfices générés par la contrefaçon sont une des trois sources principales de financement du terrorisme international ».

Je renvoie au livre susmentionné qui contient de nombreux autres développements tout à fait édifiants (mais vous comprenez l’idée). Dans le même ordre d’idées et pour varier les sources, je vous propose également le  rapport émanant de l’Union des Fabricants remis à Michel Sapin le 20 juin 2016 « sur les liens étroits qui existent entre la Contrefaçon et le Terrorisme ». Ce rapport tend notamment à faire adopter par l’ONU une résolution condamnant la contrefaçon comme méthode de financement du terrorisme

En d’autres termes, acheter de la contrefaçon ne se résume pas à causer une infime perte à des géants de l’industrie du luxe, de grands groupes qui ne s’intéressent au monde des marques et à l’industrie textile que pour l’argent qu’ils peuvent y gagner (comme je le pensais, naïve que j’étais).

Il s’agit de savoir, maintenant que l’on en est informé, si l’on est d’accord de participer à un commerce de l’ombre qui ne se contente pas de vendre des objets dans la clandestinité mais repose entièrement sur l’illégalité: travail des enfants, salaires minables, exploitation, esclavage, telles sont les conditions de fabrication des objets dont nous parlons. Ajouté à cela que ce commerce est exploité par les pires mafias du monde et participe au financement des pires ignominies: prostitution d’enfants et terrorisme entre autre.

N’achetons plus de contrefaçon. N’acceptons pas de participer à cela.

Fléau silencieux, la contrefaçon est une bombe à retardement qui donne des sueurs froides au secteur du b

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