NADINE DE ROTSCHILD -L’ARISTO NEE CLODO (ou peu s’en faut)

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Tout un chacun connaît la papesse des bonnes manières, Nadine de Rothschild. Plus snob que snob, c’est elle qui sait ce qu’il faut faire et ne pas faire… en toutes circonstances.

Avec « La Baronne rentre à cinq heures », Nadine nous offre sa propre version d’une vie qui aura bien fait jaser.

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Le livre est hyper mal écrit, c’est ultra insupportable à lire. Nadine l’avoue, élève médiocre, elle a commencé à travailler dès ses quatorze ans:

« j’écrivais très mal, je ne lisais rien ».

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’au jour de l’écriture de ce roman, le problème n’était pas totalement résolu. On saute du coq à l’âne et, si on s’intéresse déjà à Nadine de Rothschild, ce qui n’est clairement pas donné à tout le monde, on est vite lassé de ce style pénible. Du coup, j’ai lu le livre en diagonale parce que le sujet me fait marrer.

Si on aime les ragots et penser/dire du mal des gens, Nadine de Rothschild est la victime idéale: née de père inconnu et d’une mère ouvrière, elle épouse, enceinte de plus de sept mois, le plus riche Rothschild.

La « vie » de Nadine commence avec Jean-Gabriel Dormergue, peintre à succès pour qui elle pose et qui lui ouvre les portes de l’éducation:

« j’étais un esprit primaire mais curieux (…) il me poussait à me cultiver. Rude travail de défrichage! Joyeusement, il passait du coq à l’âne. A partir d’une chaise,  (…) il me faisait un cours sur les styles: je ne distinguais pas un siège Louis XV d’une chaise de cuisine. Puis, il me parlait du Grand Siècle ou de Napoléon: m’étant arrêtée à Jeanne d’Arc, je ne savais même pas qu’il y avait une suite à l’histoire de France. »

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Nadine par Jean-Gabriel Domergue

A partir de là, elle tente d’accéder au succès par tous les moyens. Elle fait du cabaret, un peu de théâtre, surtout dans des seconds rôles où elle joue d’amusantes aguicheuses. Elle tourne aussi dans certains films et devient une vedette.

Là où Nadine nous épate, c’est qu’elle paraît très franche. Elle aime bien les garçons fortunés.

« Mon premier amour sérieux fut très riche et très anglais »

« La richesse et la puissance me fascinaient. Il y a des femmes qui tombent systématiquement sur le plombier, moi je ne me suis jamais rendue à un dîner sans rencontrer un héritier » – Quelle vantarde soit dit en passant!

« Il s’appelait Rothschild. Et alors? Il était riche? Tant mieux! Sur ce point, tout a été clair entre nous. Bien sûr, s’il avait été balayeur, je ne l’aurais pas regardé. »

A ce petit jeu, son ascension sociale est la seule chose qui semble l’intéresser:

« Lift! Lift!: mon slogan était plus que jamais d’actualité. Pas question de rétrograder. Dans cette ascension rapide, je n’emmenais que ceux qui pouvaient me suivre: les anciennes amies restaient sur le palier. »

Nadine l’avoue elle-même, après son mariage, ses repères temporels sont un peu flous. A partir de là, Nadine décrit sa vie de manière assez désordonnée. On retient qu’à part quelques petits couacs au début, Nadine se serait assez vite habituée à sa vie de baronne. Elle se convertit au judaïsme volontairement et apprend l’histoire de sa nouvelle famille. Liste des maisons, des bibelots, des ancêtres, des domestiques, Nadine ne nous épargne rien de sa vie fantastique. La chasse y tient une part importante. Le récit de la fois où elle a abattu un vieil éléphant laisse un goût un peu amère au lecteur, surtout quand on comprend que les Rothschild ont cessé le safari simplement du fait que cette activité a été déclarée illégale dans certains pays…

Quant aux célèbres infidélités de son mari, je finissais par désespérer jusqu’à une petite allusion:

« Je ne pratique pas, ( en laissant à mon mari son jardin secret), la politique de l’autruche. Au contraire, je pense souvent à cette phrase de M. de Beaumarchais: « La chaîne du mariage est tellement lourde qu’il faut être deux pour la porter, sinon trois. » Si un homme vous affirme: « Je n’ai jamais trompé ma femme », soit il ment soit il n’est pas normal ».

Finalement, ce que je retiens de cette biographie c’est qu’il ne vaut mieux pas s’y attarder. Bien que l’on sente l’énergie débordante de la baronne Nadine de Rothschild, l’ouvrage se sera avéré un peu brouillon. Quant à son contenu, on n’aura pas appris grand chose si ce n’est cette certitude qui s’impose: Nadine de Rothschild est une grande communicante qui se sera adaptée de manière exceptionnelle à son nouveau milieu. Sa manière de parler à la foi de sa nouvelle vie et de son nouveau cercle (des gens « délicieux », « fins » ou « charmants ») montre bien que dorénavant, elle fait partie de la haute. Pour ma part, si j’admire la franchise dont elle peut faire part en admettant son attirance pour la richesse et le pouvoir, je dois dire que j’en ressors plutôt déçue. Au final, à part ne surtout pas brusquer la vanité parfois mal placée de son « Cher Edmond », buter des animaux et être élue reine de la fête à chaque occasion, Nadine de Rothschild paraît avoir une vie bien creuse (mais bien remplie…). Je ne l’envie pas.

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