VOGUE – NOVEMBRE

La semaine passée, Monsieur et moi avons passé de merveilleuses vacances à Paris. Je voulais en faire un article mais au vu des événements récents, je préfère décaler mon compte-rendu pour parler de tout autre chose.

VOGUE – Novembre N° 962

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Je précise le numéro parce que comme je ne lis ce genre de magasine qu’en vacances (en Suisse ça coûte encore deux bras au lieu d’un), je ne peux prétendre que ma critique concerne le magasine en général. Voilà pour l’honnêteté intellectuelle.

Non mais bon

Pub, pub, pub, Cara, Kendall, Cara, Kendall. Allégé de ses réclames, la magasine Vogue ne pèse pas bien lourd. Je suis surprise de constater une chose à laquelle je n’avais jamais été attentive: Vogue Paris est mémère!!! Allier du Prada à du Dior, du Chanel à du Vuitton, quelle audace! Les articles de mode ne sont qu’un condensé d’évidences que n’importe quel adepte de l’Avenue Montaigne pourrait tenter. Aucune inspiration, aucun goût, tout est lisse. C’est facile de mettre trois vêtements hors de prix à un petit squelette boudeur et de dire « ça c’est la mode ». En plus le squelette boudeur a un visage d’une laideur sans pareille – on imagine qu’ils ont sauté le maquillage – les cheveux tellement sales et mousseux qu’on en vient à se demander si le vrai luxe c’est pas une bonne douche et un petit verre de blanc (pour le teint).

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Ne nous fait-elle pas rêver?

Le portrait de la semaine est consacré à Anne Berest, une fille qui porte du Chanel avec du Chanel et qui, exceptionnellement, sait porter une autre marque hors de prix.

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Est-ce qu’avec au moins 931 numéros à son actif, Vogue Paris n’arrive pas à prendre un peu de hauteur pour nous proposer quelque chose de vaguement innovant: d’autres marques que la dizaine à laquelle elle paraît se cantonner ou une explication sur comment mettre en valeur une magnifique tenue dont ils vantent les mérites, sans porter du Dior des pieds à la tête?

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Le joli modèle porte une montre Chanel, une robe Chanel et des chaussures Chanel – du même modèle que celui que porte notre amie Anne Berest

Les articles…

… ne sont vraiment pas bien longs, une demi-page pour l’essentiel, une grand maximum. A croire que la « consommatrice » de Vogue ne lit que contrainte et forcée – si elle sait lire! Quant au contenu de ces demi-pages, il est à proprement parler sidérant tant il est vide. Un bon exemple vaut mieux que mille palabres, article sur Grace Jones:

« (…) elle n’a pas oublié d’adresser dans son bouquin des piqures sévères à celles qu’elle rebaptise ses « suiveuses », les Miley Cyrus, Rihanna, Madonna ou Nicky Minaj. (…) Parfois la pique se fait plus précise: « J’ai refusé de bosser avec Lady Gaga, pas tant parce que je n’aimais pas ce qu’elle faisait, juste parce qu’elle ne m’inspirait pas ». Mais au-delà des reproches à l’une ou l’autre, c’est la pop musique elle même que Jones remet en cause (…).

Mais stop aux citations bashing ».

Oh oui pitié, c’est si méchant. Quand on entend parler de la concurrence qui règne en maître au sein de rédactions de magasines comme Vogue et de la méchanceté de la branche en général, on se dit qu’on nous prend vraiment pour des poires.

Quand Vogue se moque méchamment

Quand Vogue ne trouve pas quelque chose « extraôôrdinaire » de génie, il peut être bien méchant gratuitement – mais attention, pas contre n’importe qui. Ainsi dans un article consacré à Amy Schumer, humoriste américaine, le « journaliste » Olivier Nicklaus note tout en délicatesse:

« Il faut dire que physiquement, Amy Schumer est quelque part entre une Mariah Carey au sortir d’une KFC party et une Miss Piggy avant thalasso ».

Si la comparaison peut prêter à sourire il n’en demeure pas moins qu’Amy Schumer n’est pas obèse, ni ne présente de surpoids qui serait dangereux pour sa santé. Les photos de Vogue ne sont en tout les cas pas très impressionnantes.

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Je comprends que Vogue s’étonne du fait qu’une personne dont le physique ne correspond pas aux canons d’Hollywood s’en sorte si bien, cependant, il y a l’art et la manière. Parce qu’elle est un peu ronde, on se permet de comparer Amy Schumer à Peggy la cochonne. Violent tout de même. Alors je me demande: est-ce que l’on se permettrait pareille vacherie face à une femme plus mince mais pas forcément plus belle? Parce que la subjective beauté de ses traits, M. Nicklaus ne s’y arrête pas, même pas pour nous dire qu’elle serait moche. Serait-ce parce que tout ce qui compte pour Vogue Paris c’est le poids? En feuilletant plus attentivement le magasine, je constate que même dans les events relayés, les femmes sont toutes bien minces (et si vraiment on cherche il y en a bien une vaguement plus ronde mais encore – oh, Amy Schumer… et allez, Nicky Minaj). Ridée et décoiffée par contre on a le droit de l’être.

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Voici la fameuse personne à mi-chemin entre Mariah Carey en mode obèse et miss Peggy…

Ainsi…

Voici donc comment la grand-messe de la mode voit les femmes. Riches vous pouvez l’être et surtout achetez (mais faites les bonnes associations, Dior et Dior par exemple) et, quoi qu’il en soit, ne vous avisez pas d’être ronde surtout si vous êtes drôle, on en viendrait presque à vous insulter!

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